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Acompte ou arrhes : combien verser et quand ?

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En brefAvant le début des travaux, l'artisan demande souvent de verser une partie du prix. Selon le mot utilisé, acompte ou arrhes, vos droits ne sont pas les mêmes si l'un ou l'autre change d'avis. Voici comment s'y retrouver, combien verser et comment étaler les paiements.
Sommaire
  1. Acompte ou arrhes : la différence
  2. Et si le devis ne dit rien ?
  3. Combien verser ?
  4. Payer au fur et à mesure du chantier
  5. Les règles spéciales en cas de démarchage
  6. Comment payer ?
  7. Si l'entreprise fait faillite

Acompte ou arrhes : la différence

Les deux mots désignent une somme versée d'avance, mais leurs conséquences sont très différentes.

ArrhesAcompte
Ce que c'estUne somme qui permet à chacun de se dédire (renoncer)Un premier paiement d'un contrat ferme
Si vous renoncezVous perdez les arrhes, sans rien devoir de plusVous restez engagé : l'artisan peut réclamer l'exécution du contrat ou des dommages et intérêts
Si l'artisan renonceIl doit vous rembourser le double des arrhesIl reste engagé : vous pouvez exiger les travaux ou une indemnisation
Acompte ou arrhes : la fiche récapitulative, avec un exemple chiffré
Acompte ou arrhes : la fiche récapitulative, avec un exemple chiffré (toucher l'image pour l'agrandir)
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Acompte : un engagement ferme, personne ne peut annuler. Si vous annulez, le professionnel peut exiger le paiement du reste du prix ou des dommages et intérêts. Si le professionnel annule, vous pouvez exiger la réalisation ou le remboursement, avec des dommages et intérêts. Exemple : commande de 1 000 €, acompte de 300 € ; vous annulez : vous restez engagé pour les 1 000 €. Exception : achat en ligne ou démarchage à domicile, vous avez 14 jours pour vous rétracter et récupérer votre acompte.

Arrhes : chacun peut annuler, mais ça coûte. Si vous annulez, vous perdez les arrhes versées (sauf si le contrat prévoit leur remboursement). Si le professionnel annule, il doit vous rembourser le double. Exemple : commande de 1 000 €, arrhes de 300 € ; vous annulez : vous perdez 300 € ; le professionnel annule : il vous rend 600 €.

L'astuce à retenir : avant de payer, vérifiez le mot écrit sur le devis ou le bon de commande. S'il n'y a rien, demandez qu'il soit précisé par écrit. Démarchage à domicile : aucun paiement ne peut vous être demandé pendant 7 jours après la signature (sauf réparations urgentes demandées par vous). Une question ? RéponseConso (DGCCRF) : 0809 540 550 (numéro non surtaxé).

Et si le devis ne dit rien ?

C'est une règle importante du Code de la consommation (article L214-1) : si le devis ou le contrat ne précise pas « acompte » ou « arrhes », les sommes versées d'avance sont considérées comme des arrhes.

Lisez donc attentivement le mot utilisé sur le devis, le bon de commande ou la facture d'acompte, avant de signer.

Combien verser ?

Il n'existe pas de plafond légal général pour l'acompte versé à un artisan. Le montant se négocie entre vous et lui.

La pratique couramment recommandée est de ne pas verser plus de 30 % du prix total avant le début des travaux. Ce n'est pas une obligation légale, mais un repère de prudence : si l'entreprise disparaît ou ne commence jamais le chantier, vous limitez vos pertes.

Méfiez-vous d'un artisan qui réclame la moitié du prix ou plus avant de commencer, ou la totalité « pour acheter le matériel ». Pour des équipements coûteux commandés spécialement pour vous, un acompte plus élevé peut se discuter : demandez alors une copie du bon de commande auprès du fournisseur.

À savoir : certains contrats très particuliers, comme la construction d'une maison individuelle, ont leurs propres règles de paiement. Elles ne sont pas traitées ici : renseignez-vous sur service-public.gouv.fr.

Payer au fur et à mesure du chantier

Plutôt que de gros versements au départ, prévoyez sur le devis un paiement échelonné qui suit l'avancement réel du chantier. Par exemple :

  1. un acompte à la signature ;
  2. un deuxième versement à une étape précise et vérifiable (« après la pose des cloisons », « à la livraison des fenêtres ») ;
  3. le solde à la fin des travaux, après la réception.

Les étapes et les montants sont libres : ce qui compte, c'est qu'ils soient écrits sur le devis et que chaque versement corresponde à du travail réellement fait.

Gardez une partie du prix pour la fin : un solde encore à payer encourage l'artisan à terminer et à corriger les éventuels défauts. Mettez-vous d'accord par écrit, avant le début des travaux, sur les conditions de versement de ce solde.

Les règles spéciales en cas de démarchage

Si vous avez signé chez vous, à la suite d'une visite ou d'un appel que vous n'aviez pas sollicité (ou ailleurs que dans les locaux de l'entreprise), c'est un démarchage à domicile :

  • vous avez 14 jours pour vous rétracter, sans justification ni frais ;
  • aucun paiement ne peut être exigé avant 7 jours après la signature : ni acompte, ni arrhes, ni chèque « à encaisser plus tard ».

Un artisan qui réclame un chèque le jour de la signature, lors d'un démarchage, ne respecte pas la loi.

Les exceptions prévues par la loi : les travaux d'entretien ou de réparation urgents que vous avez vous-même demandés à votre domicile (dans la limite de ce qui est strictement nécessaire pour faire face à l'urgence), les services à la personne rendus par un organisme agréé, certains abonnements de presse, et les ventes lors de réunions organisées chez vous ou chez un autre particulier avec votre accord préalable.

Pour en savoir plus : Démarchage et arnaques aux travaux.

Comment payer ?

  • Privilégiez le chèque ou le virement : ils laissent une trace.
  • Pour payer un professionnel en espèces, la loi limite le montant à 1 000 € (pour une personne qui a son domicile fiscal en France).
  • Demandez toujours un reçu ou une facture pour chaque versement, précisant « acompte » ou « arrhes ».

Si l'entreprise fait faillite

Si l'artisan est placé en redressement ou en liquidation judiciaire après avoir encaissé votre acompte, vous devez déclarer votre créance (la somme qu'il vous doit) auprès du mandataire judiciaire, dans un délai de 2 mois après la publication du jugement au BODACC (le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales). Le mandataire doit normalement prévenir les créanciers connus.

Passé ce délai, votre créance est en principe perdue (un recours en « relevé de forclusion » reste possible dans les 6 mois, sous conditions). Et même en déclarant à temps, le remboursement n'est jamais garanti : c'est pourquoi il vaut mieux limiter l'acompte.

✅ À retenir

  • Arrhes : chacun peut renoncer (vous perdez la somme, ou l'artisan vous rembourse le double). Acompte : le contrat est ferme.
  • Si le devis ne précise ni « acompte » ni « arrhes », la somme versée d'avance est considérée comme des arrhes.
  • Il n'y a pas de plafond légal pour l'acompte ; ne pas dépasser 30 % est une recommandation courante, pas une obligation.
  • Prévoyez des paiements échelonnés selon l'avancement réel du chantier, et gardez le solde pour la fin.
  • Démarchage à domicile : 14 jours pour vous rétracter, et aucun paiement exigible avant 7 jours après la signature.

Exemples concrets

Une cuisine à 12 000 €

Le cuisiniste demande 50 % à la commande. Sophie négocie un échéancier écrit sur le devis : 30 % à la signature (3 600 €), 40 % à la livraison des meubles (4 800 €) et le solde de 30 % (3 600 €) à la fin de la pose. Le devis précise « acompte ». Sophie sait donc que sa commande est ferme, et qu'elle ne verse jamais beaucoup plus que ce qui a déjà été livré ou posé.

Sources

Les informations de cet article sont générales et concernent la France. En cas de doute, vérifiez sur les sources officielles ci-dessus.

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